L'évocation d'un agresseur naturel, le tsunami du 26 Décembre 2004, clot l'An I de ce blog. Commencé en Mai avec le compte à rebours des évènements tragiques de Tian'Anmen, vingt ans plus tôt, il vous a proposé de découvrir dans notre actualité l'éternelle résurgence de la résistance à l'oppression. Parfois la cruauté de la nature dépasse celle des hommes. Mais au rendez-vous du désastre, vient souvent l'espoir, celui d'une solidarité retrouvée.
Je reviens de Banda Aceh, au nord de Sumatra, où je suis parti évaluer l'usage des fonds Unicef, en particulier celui provenant des donateurs privés français. Pourquoi l'Indonésie? Parceque cette zone d'Aceh a été, des pays d'Asie, la plus durement touchée par le séisme et le tsunami: trois victimes sur quatre. 170 000 morts, un demi-million de personnes déplacées. Dans la ville de Banda Aceh même, on estime que la moitié de la population a péri.
A première vue, aucune trace du désastre. L'effort conjoint de la communauté internationale et des autorités nationale et locales a rebâti la ville et les infrastructres de la province...et on s'étonne de tomber soudain sur un bateau de pêche perché sur le toit d'une ruine, ou un ferry posé sur un pré, à quatre kilomètres du rivage!
Ce que l'on devine, cependant, c'est le traumatisme résiduel. Tout particulièrement chez ces écoliers que j'ai visités dans leurs écoles toutes neuves, construites avec nos dons (375 établissements de 6 classes): sérieux et toniques, mais, malgré le soutien psychologique, peuvent-ils oublier la perte de leurs parents et de leurs camarades? Une directrice d'école m'a dit: "Il m'est resté soixante élèves aprés le tsunami. J'en avais trois cents..."
La merveille, c'est que la catastrophe a fait taire les vieilles querelles. Une guerre civile vieille de trente ans! L'accord a été signé six mois aprés entre le Gouvernement et la rébellion islamiste, établissant l'autonomie de la province. Et que mettant un terme à la violence, les autorités locales ont su entendre la voix de l'Unicef pour former les enseignants à un enseignement de paix et de tolérance, un enseignement créatif et reconstructeur. De la même façon, Unicef a trouvé une oreille attentive auprés des services de police et de justice, afin de protéger les enfants des risques d'exploîtation ou de trafic, et de promouvoir l'intérêt supérieur de l'enfant dans les cas de délinquance.
Que souhaiter pour 2010?
Que les hommes de toutes les nations et de toutes les croyances apprennent à s'unir contre les oppressions humaines ou naturelles, pour les prévenir plutôt que pour les guérir.