Si un homme mérite d'être honoré dans cette galerie des frères de l'Inconnu de Tian'Anmen", c'est bien Nelson Mandela. Avec son film "Invictus", Clint Eatwood nous rappelle au souvenir de ce moment magique de 1995, lors de la clôture de la coupe du monde de rugby, quand donnant l'exemple de la réconciliation - et esquissant un pas de danse, il portait le maillot du capitaine afrikaner en lui remettant la coupe.
Mandela avait du sang boshiman, pas étonnant que les dieux soient tombés sur la tête, en entendant l'assistance noire, victime d'un affreux apartheid depuis un demi-siècle, acclamer l'équipe blanche des Springboks.
Mandela, debout aprés 50 ans de lutte, dont 27 en prison. Visionnaire, engagé à la réconciliation de la "nation arc-en-ciel". Jeune vieillard, il n'avait que l'avenir des enfants en tête. Aprés avoir créé le Fonds d'aide à l'enfance, soutenu les orphelins et enfants abandonnés de S0S Village d'enfants, il allait créer en 1999, à la fin de son mandat de Premier Président noir de l'Afrique du Sud, la Fondation Nelson Mandela, financée par les concerts internationaux qui portaient le nom de son numéro de cellule: 4664 .
On critique l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama, sous prétexte qu'il envoie des soldats en Afghanistan. Quelle hypocrisie! Il existe un intégrisme pacifique qui a causé notre perte de 1939/40, et qui prépare la victoire facile de toutes les oppressions. Mandela, Prix Nobel de la Paix 1993, avait lancé, quand c'était nécessaire, l'insurrection armée de l'A.N.C, en 1961.
Si vis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre) . L'oppresseur, lui, n'a pas de pudeur. N'est-ce pas aussi la philosophie de Clint Eastwood (cf. Gran Torino)?