Bientôt, des résistants vont se dresser devant les buldozers. Pas des étudiants, ni d'anciens gardes rouges. Non, des pépés et des mamies, de modestes maniaques du jardinage et de la canne à pêche, qui ne veulent pas qu'on les chasse de leurs maisons. Ils ont résisté à Xynthia, mais le Préfet va décider à leur place de la destruction de leur home. Pour leur bien, c'est sûr! Comme cet autre préfet qui a expulsé une jeune marocaine venue porter plainte contre les coups de son frère. Désavoué, (merci Président!), cette tête forte parmi les missi dominici se drape dans sa dignité de conservateur intègre de la loi. France, pays de la Loi (Fakouo) disent les chinois. Et ce n'est pas un compliment: Leur souvenir des institutions légistes les ramène au Premier Empereur qui s'en est servi pour massacrer les élites et tous opposants, ouvrant ainsi, vingt deux siècles auparavant, la voie pour Mao.
"The insolence of office", se plaint Hamlet. Oui, l'Administration est toujours insolente chez nous. Témoins encore, ces gardes à vue pour des peccadilles, qui sont un scandale français en regard de l'Habeas corpus. Mais pensons y bien: N'avons nous pas ce que nous méritons, nous les assistés volontaires qui attendons tout de la puissance publique? Le comble de la loi constitutionnelle scélérate n'a t'il pas obtenu l'adhésion générale au "principe de précaution"? L'Etat fera-t'il plus encore pour supprimer notre risque de mourir? Et de vivre?
On sait comment ça s'est terminé en 1793 et 1794, avec, sur la Loire, les bateaux à "noyades républicaines" du sinistre Carrier, et les "colonnes infernales" de Turreau le bourreau. Nos Compagnies républicaines d'aujourd'hui vont elles donner l'assaut au 3ème âge de L'Aiguillon et de La Faute-sur-mer? Empêchera-t'on les photographes de saisir le geste héroïque d'un "Inconnu de Tian'Anmen" de Vendée, debout devant le char de l'Etat?