Le gouvernement israëlien vient de commettre une grave faute. Inutile d'épiloguer sur l'usage disproportionné de la force, ce n'est pas une nouveauté. On ne peut pas comparer le nombre de victimes des roquettes palestiniennes et celui de l'opération "plomb durci" à Gaza. Ni le nombre de terroristes réfugiés à Jenine et le massacre de ses habitants brûlés dans leur maison. Sans remonter aux aventures de Sharon au Liban.
Le monde entier condamne l'opération d'arraisonnement du convoi humanitaire vers Gaza. Mon propos n'est pas de joindre ma faible voix au concert. Je veux dire seulement qu'Israël a perdu la bataille beaucoup plus décisive, celle de la communication. Non seulement en faisant basculer la sympathie universelle en faveur des palestiniens, car il apparait que ni la mémoire de la Shoah, ni la vulnérabilité contestable de l'Etat d'Israël ne justifient cet acte de piraterie en haute mer. Mais surtout vis à vis de l'opinion intérieure, qui ne va pas tarder à entrer en ébullition, comme déja une bonne partie de la diaspora. C'est que cette fois, le gouvernement israëlien a déboulonné un mythe fondateur, celui de l'Exodus. C'est l'électro-choc qui va révéler que cette fois les oppresseurs sont bien les israëliens.
La rhétorique hypocrite des porte-parole du Gouvernement, tels l'invraisemblable Monsieur Shek, ne fera qu'accentuer le malaise. Et c'est justement l'opinion israëlienne, et elle seule, qui peut imposer la paix.
Un jour ou l'autre, "L'Inconnu de Tian'Anmen" (et ici, ce sera sans doute un israélien courageux, plutôt qu'un des militants arraisonnés) triomphe toujours de l'injustice.