Voici quarante ans, à 19h30, Charles de Gaulle s'éteint.
Depuis Mai 2009 et le 20° anniversaire des évènements de Tian'Anmen, mon blog est consacré à la Résistance. Je l'ai rencontrée sur les visages de Mandela, Aug San Suu Kyi, Guy Môquet, Gorbatchev, Jean Ferrat, l'Abbé Pierre, et bien d'autres, résistants de Berlin, Téhéran, Kaboul, Urumqi...
Winston Churchill et Charles de Gaulle étaient les grandes figures de "Résistance", mon billet du 17 Juin dernier. En français, résister se dit "De Gaulle".
La question est largement agitée aujourd'hui: qu'est-ce que le gaullisme, qu'en reste-t'il, qui est gaulliste aujourd'hui?
Je ne suis pas forcément le mieux placé pour répondre, vu que ma fidélité a été hésitante. Jusqu'en 1964, De Gaulle, c'était mon père. J'ai mis six ans à le tuer. Et sans doute, les forces de l'entropie étaient-elles à l'oeuvre dans ma cervelle de linotte. Pour un jeune intellectuel, elles avaient nom Sartre, Le Monde ("L'Immonde" disait-il), le Nouvel observateur, le Canard enchaîné. Elles en sont venues à s'appeler Paris-Match et Europe N°1 en Mai 68. Au feu l'autorité, les vieilles chimères comme la Nation, la grandeur, l'honneur, toutes les défenses d'afficher.
Avec l'âge, j'ai retrouvé le fil de l'épée. Et je refuse l'entropie, comme le Malraux des "Voix du silence" plantait l'art comme un défi pour l'homme qui se sait mortel.
Qu'est-ce que l'entropie? Un principe de la thermodynamique qui prédit la mort à tout système, tout organisme. Le gaullisme, c'est ça et rien d'autre, le courage et l'honnêteté de résister à ce qui parait inéluctable.
Connaissons nous encore des formes actives de l'entropie, maintenant que De Gaulle fait l'unanimité? Hélas. Aujourd'hui 9 Novembre, pour commémorer la mort du héros, le personnel du Pôle Emploi est une fois de plus en grève. Alors que ces gens devraient travailler soixante-dix heures par semaine, comme des mèdecins de l'Emploi, des soldats de l'Emploi. Où est passé l'honneur, le sens du service public?
(à suivre)