Madame Le Pen a déclaré: " Plus les artistes me critiquent, et plus je gagne des voix". Voilà qui évoque la formule célèbre: " Quand j'entends le mot Culture, je tire mon pistolet" (Adolf Hitler). Je sais qu'on va critiquer l'amalgame, les frontistes protesteront de leur vertu républicaine. Pourtant, qui sont les animateurs de ce parti? Un membre du comité central du F.N, candidat aux cantonales a été filmé exécutant le salut hitlérien devant un drapeau nazi. Bien sûr, lorsque le scandale s'est révélé, il a été exclu, ça ne faisait pas cosmétique. Qu'on se rappelle alors les mots du Pater sur "le détail de l'Histoire" ou l'occupation allemande "pas particulièrement inhumaine". Il ne me souvient pas que la fille aie réellement pris ses distances, avec un franc "Lui c'est lui et moi c'est moi". Républicain le F.N? Drôle de république, qui a inscrit dans ses dogmes la déclaration de principe du père: "Nous ne nous rattachons pas exclusivement ni directement à la philosophie démocratique". Plutôt une république héréditaire, à la Kadhafi.
Quand la tronçonneuse attaqua la lisière, les chênes au coeur du bois se dirent: bah, ce sont des marginaux, plutôt "border line". les bûcherons assainissent le taillis. Mais il arriva que coupe aprés coupe, il ne resta plus de la forêt que les bûcherons. Aprés les immigrés, la Presse, les artistes, les SDF, les handicapés, les homosexuels, les syndicalistes, les opposants? Le problème de la démocratie, c'est sa vulnérabilité aux non démocrates. Bien maquillés pour l'élection, ils deviennent indéracinables faute d'élections libres.
Comment éviter que les sirènes frontistes engrangent des voix mal informées, trop crédules? C'est la responsabilité des médias, bien sûr, qui adorent trop le scandale et le frisson, et servent la soupe sur un plateau. C'est surtout la responsabilité des partis: L'UMP en tout premier lieu, qui dénature le gaullisme. Puisque les causes de l'affolement sont les conséquences de la crise, qu'on s'applique donc en priorité à résoudre les questions économiques, industrielles et de l'emploi. Qu'on arrête de noyer le poisson en surfant sur les vagues identitaires chères au F.N. Tous les praticiens du marketing savent qu'un me-too ne détrône jamais l'original. Je me demande comment N. Sarkozy, loin de toute démagogie quand il a fallu pousser des réformes douloureuses, 35 heures, retraites, autonomie des universités, réduction des palais de la magistrature et des pouvoirs régionaux, courageux dans la gestion internationale de la crise financière et l'entraînement des opérations en Libye, comment a-t'il pu s'abaisser à ces débats sociètaux scandaleux, identité nationale, Islam, Roms...Je crains qu'il n'ait été bien mal conseillé par Monsieur Guéant, voire intoxiqué par une taupe du F.N du nom de Buisson. Quant à ceux de l'Opposition, au lieu de pousser des cris d'orfraie, comme si Sarko était le diable, et cela, avant même son élection, ils feraient bien de faire la distinction entre la droite et l'extrême droite.
Si du moins, cette noble attitude de part et d'autre ne contrariait pas les enjeux électoraux. Ce serait là, en tous cas, l'héroïsme. Et nous avons aujourd'hui, terriblement besoin de héros.