La mort de Bin Laden ne mettra pas fin aux exactions d'Al Qaïda, mais elle offre au Président américain l'opportunité d'accélérer dans la résolution du problème palestinien.
Il jouit désormais chez lui du prestige du vainqueur, et tout le monde comprendra aux Etats Unis que cette victoire ne peut assumer le risque de devenir le symbôle de la déroute du monde arabe. Certes la majorité des musulmans n'ont jamais considéré Bin Laden comme un héros. Les palestiniens, en particulier, souffraient de l'amalgame que le "Vieux de la montagne" cherchait à installer dans les esprits occidentaux. Eux ne luttaient pas pour un quelconque "Grand califat", mais simplement pour la libération de leur pays colonisé.
Mais à présent, Obama doit donner un signe fort d'équité, un signe en faveur du monde arabe, dont le noeud est à Jérusalem. Il peut désormais être plus ferme vis à vis de Nétanyahu, qui de toute évidence ne veut pas la paix. Il peut encourager la formation de l'état palestinien dans ses frontières légitimes de 1967, devenir son champion au Conseil de sécurité au lieu de bloquer les résolutions comme précédemment. Israël, y compris son gouvernement ultra comprendra vite que c'est sa meilleure garantie pour l'avenir, alors que la frontière de Gaza avec l'Egypte est désormais ouverte, et que l'instabilité gagne tout alentour. Israël a besoin que les Etats Unis et l'ONU puissent garantir sa sécurité sans paraître de parti pris aux yeux des arabes.