Authentique champion, mais authentiquement irresponsable, Monsieur Cantona incite les français à retirer leur argent des banques. Sans doute imagine-t'il ainsi punir les responsables de la crise, et surfer sur le buzz obtenu par son aura de footeux mythique pour porter un message révolutionnaire. Il endosse avec quelque délectation la posture de l'Inconnu de Tian'Anmen. Sauf qu'il n'est pas un inconnu, et que la France n'est pas une dictature , ni politique, ni financière. Ce qui lui permet de parler à tort et à travers.
Parceque Monsieur Cantona ne sait sans doute pas que c'est, en 1929, le retrait de l'argent des clients en panique qui a fait dégénérer la crise financière en crise économique et sociale, qui a plongé le monde dans la misére, et ne s'est résolue que par la course aux armements, et la guerre.
De même aujourd'hui, la solution Cantona provoquerait la faillite des banques, la disparition des crédits aux particuliers et aux entreprises, et la banqueroute des uns et des autres. Hélas, des esprits peu familiers avec les réalités de l'économie peuvent être sensibles à cette démagogie dans un moment d'inquiétude forte. Les médias ne se sont-ils pas, ici et là, faits l'écho de l'indignation de politiques en recherche d'audience à propos de l'aide publique aux banques?
Comme l'audience de Monsieur Cantona se limite à l'hexagone, et éventuellement au Royaume Uni (mais là bas, on sait faire la différence entre le talent des pieds et la justesse de la tête), en cas de succés, c'est juste la France qui perdrait quelques places de plus dans l'échelle du bien-être mondial.